Université de Fribourg | Universität Freiburg LAMA

Projet du FNS

Le système corporel de stress

Qu’est-ce que c’est, au juste, le stress ?

Le mot « stress » est utilisé de manière multiple. Souvent, ce qui est entendu par-là est une tension vécue comme négative, qui peut avoir des conséquences corporelles et psychiques. A la base, cependant, cela signifie une réaction (corporelle) à un stimulus. Quelque chose se passe et le corps y réagit.

Globalement, on fait la différence entre le stress positif et négatif, car il y a aussi un stress lié à des activités positives. Il y a beaucoup de stimuli qui peuvent mettre le corps en état de stress, pas tous ont des conséquences négatives (p.ex. être excité de joie, sport).

Dans chaque corps, chaque jour, des réactions de stress ont lieu. Celles-ci sont tout à fait naturelles et dirigées par différents organes et glandes. Normalement, un équilibre s’installe, si pas trop ou trop peu de nos hormones de stress sont présentes dans le corps.

• Comment fonctionne le système corporel de stress ?

 Il y a différents systèmes et organes qui travaillent ensemble dans le corps pour déclencher la réaction de stress et pour réguler le corps. L’axe la plus importante en ce qui concerne le stress, dans le corps, est constituée de l’hypothalamus, de l’hypophyse et du cortex surrénal.

L’hypothalamus est un lieu de réseau central dans le cerveau, il peut construire différentes hormones (p.ex. dopamine) et dirige notre système nerveux autonome. En plus de la dopamine, l’hypothalamus crée surtout des hormones qui déclenchent quelque chose ou l’arrêtent. Comme exemple, nous pouvons mentionner une hormone qui cause finalement le relâchement de cortisol. Cette hormone de relâchement prévient d’abord l’hypophyse (la glande qui se connecte au cerveau) qu’il faut relâcher encore une hormone, ce qui est ensuite enregistré par le cortex surrénal. Les glandes qui produisent des hormones dans le cortex surrénal produisent ensuite le cortisol, qui est ce que nous mesurons dans l’étude LAMA.

L’axe se compose de trois lieux, car l’évolution a construit l’axe de manière sensée, afin qu’il y ait des boucles de feedback entre les différents organes et glandes. Cela signifie que les organes et glandes peuvent dire à la position qui les précède : « Stop ! Nous en avons assez, il ne faut plus rien produire. » Ainsi, la quantité d’hormones est normalement équilibrée.

Le stress négatif, comme les accablements, peuvent avoir un impact négatif sur la santé, et ce surtout quand le stress est chronique, c’est-à-dire qu’il continue sur la durée. Cela est dû au fait que du stress de longue durée agit sur les organes et glandes de l’axe de stress, et les hormones ainsi que leurs quantités se déséquilibrent.

Dans l’étude LAMA, il ne s’agit pas de stress mauvais pour la santé et chronique, mais d’une partie du système de stress qui est dirigée tout à fait normalement chez tout le monde (qui est en bonne santé) via l’axe de stress.

Pourquoi mesurons-nous cela ?

La plupart des personnes ont le même « schéma de stress » dans le corps : 30 minutes après le réveil, le matin, le cortisol atteint son point culminant. L’enzyme alpha-amylase a alors son point le plus bas de la journée. Après ces 30 minutes, le cortisol diminue petit à petit et l’alpha-amylase augmente. Ce schéma se met en place chaque jour chez chaque personne.

Cependant, ce schéma peut se déplacer ; des petites différences dans le pic matinal ont été mises en lien dans le passé avec des troubles psychiques ou des particularités comportementales. Quant à ce schéma chez les enfants avec TDAH, ainsi que chez ceux avec des comportements agressifs, il y a encore un manque de recherche à ce sujet. Il n’a pas été possible de montrer de manière uniforme si et où il existe des différences.

Aussi chez des enfants sans particularités connues, nous ne connaissons pas encore tous les facteurs d’influence. Un facteur d’influence important est certainement l’âge des enfants, surtout l’entrée dans la puberté.

Pour cela, nous invitons des enfants et adolescent.e.s de différentes classes d’âge à cette étude. L’étude LAMA est financée pour pouvoir répondre à ces questionnements et aimerait à ce but étudier et comparer différent.e.s enfants.

 Comment est-ce mesuré ?

Différent.e.s composantes et produits finaux du système corporel de stress sont toujours présent.e.s dans le corps. Indépendamment de si nous nous sentons stressé.e.s actuellement ou pas, le corps produit des enzymes et hormones qui sont liées au système de stress. On peut mesurer ces enzymes et hormones dans l’urine, dans le sang et dans la salive.

Nous aimerions examiner la salive, car prélever un échantillon de salive va vite, ne fait pas mal et peut être fait confortablement à la maison.

Toutes les familles participantes reçoivent des petits rouleaux en plastique spéciaux dans lesquels se trouve un rouleau de coton. On garde ce rouleau de coton aussi longtemps dans la bouche qu’il faut pour qu’il soit bien imbibé de salive. Terminé !

Les parents rassemblent avec les enfants les échantillons de salive pendant 7 jours (les adolescent.e.s peuvent prélever les échantillons eux/elles-mêmes) et les gardent ensuite dans le réfrigérateur. Ceci est important pour qu’au moment où les échantillons arrivent au laboratoire, encore autant que possible puisse être mesuré. La réfrigération fait durer les échantillons plus longtemps.

A la fin de la semaine de test, tous les échantillons sont envoyés ensemble à Fribourg. Ici, nous avons un grand congélateur spécial avec une température de -20 degrés Celsius ! Ensuite, nous envoyons les échantillons de tous les enfants à un laboratoire biomédical où ils sont analysés. Les échantillons sont d’ailleurs anonymes, ainsi qu’aucun résultat ne puisse être rattaché à votre enfant personnellement par qui que ce soit d’inconnu. Après l’analyse, les échantillons sont détruits au laboratoire.

Projet LAMA - Rue de Faucigny 2 - 1700 Fribourg - Tel +41 26 / 300 7656 - lama [at] unifr.ch