OSS 117: The Political Imaginary of the Cold War in the French popular spy novel

Le roman d’espionnage est un champ d’investigation particulièrement intéressant dans l’étude de la Guerre Froide. Durant les années soixante, plus de quarante maisons d'édition en France étaient en concurrence sur ce marché et la série la plus importante, OSS 117, avait été vendue, en 1963, à plus de 24 millions d'exemplaires. Cette série, créée dans le cadre de l'anticommunisme populaire suivant la Seconde Guerre mondiale, démontre comment la guerre froide a partiellement intégré les discours nationaux antérieurs dans le roman d'espionnage. En comparaison avec les fictions britanniques et américaines, l'espionnage mis en scène dans les OSS117 de Bruce doit avant tout être perçu comme une réaction à l’encontre de la montée du Parti communiste français (PCF), c'est-à-dire à l’encontre d’une menace qui n’est pas seulement externe mais aussi interne. Ce sous-projet considère donc le roman d'espionnage français comme l’intériorisation du discours de la guerre froide et de l'ennemi de la guerre froide. Deuxièmement, les romans d’espionnage OSS 117 ont contesté le modèle de la modernité de la guerre froide représenté par les États-Unis. Alors que OSS 117 a été clairement influencé par les modèles américains de la culture pop, il a parallèlement essayé de construire une série de constellations hybrides qui ont permis à son public, essentiellement masculin, de satisfaire son besoin de réconfort suite aux humiliations militaires des années cinquante subies par la France. Cette série a imaginé une vision résolument française de la modernité se démarquant ainsi de ce qui a été perçu comme le modèle américain; les caractéristiques du modèle français étant la cohésion sociale, un certain respect de la tradition et une forme d’ultra-modernité technocratique.

Zeitgeschichte - Av. Europe 20 - 1700 Freiburg - Tel +41 26 / 300 7998 - Fax +41 26 / 300 9700
email [at] unifr.ch - Swiss University